Sommaire
En bref
Celui qui est inscrit comme titulaire de votre nom de domaine en détient les droits. Si c'est votre agence, c'est elle qui décide du renouvellement, du transfert et, en pratique, de l'avenir de votre site et de vos adresses e-mail. Vérifier prend deux minutes : l'annuaire Whois de l'Afnic pour un .fr, l'outil de recherche de l'ICANN pour un .com. Ensuite, demandez que le domaine et l'hébergement soient à votre nom, et que votre prestataire y accède avec un accès que vous pouvez lui retirer.
Nom de domaine, hébergement : de quoi parle-t-on ?
Votre présence en ligne repose sur deux abonnements que l'on confond souvent.
| Critère | Nom de domaine | Hébergement |
|---|---|---|
| Ce que c'est | L'adresse : votre-entreprise.fr | Le serveur où vivent les fichiers et la base de données du site |
| Chez qui | Un bureau d'enregistrement (registrar), qui l'inscrit auprès du registre de l'extension : l'Afnic pour le .fr | Un hébergeur, parfois le même prestataire que le bureau d'enregistrement |
| Ce qui en dépend | Le site, mais aussi vos adresses e-mail en @votre-entreprise.fr | Le site lui-même, ses sauvegardes, parfois vos boîtes mail |
| Si vous le perdez | L'adresse peut pointer ailleurs ou être rachetée par un tiers | Le site s'arrête, et sans sauvegarde il faut tout reconstruire |
Le nom de domaine est le plus sensible des deux. Un site se reconstruit. Une adresse imprimée sur vos camions, vos devis et vos cartes de visite, connue de vos clients et de Google, ne se remplace pas.
Que se passe-t-il quand ils ne sont pas à votre nom ?
L'Afnic, l'organisme désigné par l'État pour gérer le .fr, est claire sur ce point : le titulaire d'un nom de domaine est la personne qui figure comme telle dans la base Whois, et c'est elle qui détient les droits associés. Dans son guide pratique du titulaire, elle cite précisément le cas qui nous intéresse : un prestataire informatique qui enregistre le nom de domaine à son nom à la place de son client, « par souci de simplicité ou de facilité ».
Ce n'est presque jamais malveillant au départ. Le problème arrive plus tard, dans l'une de ces trois situations.
Le prestataire disparaît ou ne répond plus
Il ferme, change de métier, ne répond plus aux e-mails. Votre domaine est dans son compte, payé avec sa carte. Vous ne pouvez ni changer l'adresse vers laquelle il pointe, ni le confier à quelqu'un d'autre, ni même prouver facilement qu'il vous revient.
Le désaccord commercial
Vous voulez changer d'agence, ou vous contestez une facture. Pour transférer un domaine d'un bureau d'enregistrement à un autre, il faut un code d'autorisation, appelé « auth-info » (la future politique de transfert de l'ICANN le renomme TAC, pour Transfer Authorization Code). Les règles de l'ICANN pour les extensions génériques comme le .com obligent le bureau d'enregistrement à le remettre au titulaire dans les cinq jours calendaires suivant sa demande, et seul le titulaire peut approuver un transfert. Ces règles protègent le titulaire. Si le titulaire est votre agence, elles la protègent, elle.
Le renouvellement oublié
Un nom de domaine s'enregistre pour une durée limitée : d'un à dix ans pour un .fr, selon l'Afnic. Les rappels de renouvellement partent vers l'adresse e-mail du titulaire. Pour les extensions génériques, l'ICANN impose au moins deux rappels avant l'expiration, environ un mois et une semaine avant. Si cette adresse est celle d'un ancien prestataire, personne chez vous ne les lit.
À l'expiration d'un .fr, l'Afnic prévoit une « période de rédemption » de 30 jours pendant laquelle la suppression reste réversible. Ensuite, le nom retombe dans le domaine public, selon le principe du premier arrivé, premier servi. L'Afnic prévient : si quelqu'un d'autre l'enregistre avant vous, vous entrez dans une négociation, voire un litige, qui peut coûter cher, surtout si le site était bien référencé.
Et l'hébergement ?
Le risque est le même, en plus concret. Si le compte d'hébergement est au nom de l'agence, vos fichiers, votre base de données et vos sauvegardes sont chez elle. Le jour où le compte est fermé ou suspendu pour une facture impayée entre elle et l'hébergeur, votre site s'éteint, même si vous avez toujours payé votre prestataire.
Comment vérifier qui est titulaire de votre domaine ?
Comptez deux minutes.
- Pour un .fr, ouvrez le Whois de l'Afnic et tapez votre domaine. Regardez le titulaire, le bureau d'enregistrement et la date d'expiration. Si le titulaire est une entreprise, son nom s'affiche. Si c'est un particulier, l'Afnic remplace ses données par la mention « Diffusion restreinte » : si vous voyez cette mention pour le domaine de votre société, il y a de bonnes chances qu'il soit au nom d'une personne, et pas de l'entreprise.
- Pour un .com, .net, .org ou une autre extension générique, utilisez l'outil de recherche de l'ICANN. Depuis le 28 janvier 2025, ces données passent par le protocole RDAP, qui a remplacé l'ancien Whois. Le nom du titulaire y est souvent masqué pour protéger la vie privée, mais vous verrez le bureau d'enregistrement et la date d'expiration.
- Le test le plus fiable : pouvez-vous vous connecter, avec vos propres identifiants, au compte du bureau d'enregistrement où se trouve le domaine ? Si la réponse est « il faut demander à l'agence », le domaine n'est pas vraiment à vous.
- Pour l'hébergement, posez deux questions : à quel nom est la facture de l'hébergeur, et qui reçoit ses e-mails ?
Que demander à votre prestataire ?
Que vous lanciez un projet ou que votre site existe déjà, voici la liste à envoyer par écrit.
- Le nom de domaine au nom de votre entreprise, avec votre adresse e-mail comme contact du titulaire.
- Les comptes du bureau d'enregistrement et de l'hébergement ouverts à votre nom, payés avec votre moyen de paiement.
- Un accès pour le prestataire par partage d'accès, que vous pouvez retirer vous-même, plutôt que vos identifiants.
- L'endroit où trouver le code auth-info de votre domaine, pour le jour où vous voudrez changer de bureau d'enregistrement.
- Le renouvellement automatique activé, et la date d'expiration notée dans votre agenda.
- Un compte administrateur du site à votre nom, et un accès à vos sauvegardes.
Si le domaine est déjà au nom du prestataire, demandez un changement de titulaire. Pour un .fr, c'est le bureau d'enregistrement qui met à jour le titulaire, après confirmation de l'ancien et du nouveau. Pour les extensions génériques, un changement de titulaire peut entraîner, selon le bureau d'enregistrement, un blocage de 60 jours sur les transferts vers un autre bureau d'enregistrement (règle ICANN en cours de révision) : faites-le avant de prévoir un déménagement.
Comment nous procédons chez Aurem
La règle ne se discute pas : le domaine et l'hébergement de nos clients sont à leur nom. Jamais dans le compte de l'agence.
Concrètement, vous ouvrez votre compte d'hébergement à votre nom, et vous nous y invitez avec un accès partagé. Le jour où vous voulez arrêter de travailler avec nous, vous retirez cet accès depuis votre espace, sans rien nous demander. À la livraison, nous vous montrons comment changer un texte, gérer vos e-mails et renouveler votre domaine seul.
Nous sommes partenaires de Hostinger. Si vous ouvrez votre compte avec Hostinger (lien partenaire), nous touchons une commission sur votre première souscription ; le compte reste le vôtre. Vous pouvez aussi garder votre hébergeur actuel : la règle est la même.
C'est aussi ce que nous avons fait pour BMB Group 38, une entreprise du bâtiment en Isère : après la construction de son site, nous l'avons transféré sur son propre hébergement et son propre nom de domaine. Aujourd'hui, les deux sont à son nom.
Ce qu'on ferait chez vous
Pendant l'audit offert de 30 minutes, nous vérifions avec vous à quel nom sont votre domaine, votre hébergement et votre compte administrateur, et ce qui expire bientôt. Si quelque chose n'est pas à vous, nous vous disons comment le récupérer, que vous travailliez ensuite avec nous ou non.
L'audit est offert : réserver 30 minutes.
Questions fréquentes
Mon prestataire refuse de me rendre mon nom de domaine. Que faire ?
Faites la demande par écrit, en citant le domaine et en demandant le changement de titulaire ou le code auth-info. Si cela ne suffit pas, l'Afnic décrit dans son guide pratique à l'attention des ayants droit des procédures, gratuites et payantes, pour faire valoir vos droits sur un .fr, et conseille de vous faire accompagner par un avocat ou un conseil en propriété industrielle.
Changer de bureau d'enregistrement coupe-t-il mon site ?
Pas en soi : le transfert déplace la gestion du domaine, pas le site. Le site continue de s'afficher tant que le domaine pointe vers le même hébergement. Faites tout de même vérifier les réglages techniques (les serveurs DNS) avant de lancer l'opération, et prévoyez-la loin de la date d'expiration.
Puis-je laisser mon agence gérer mon domaine ?
Oui, et c'est souvent plus simple. Gérer n'est pas posséder : l'agence peut faire les réglages avec un accès partagé à votre compte, pendant que le domaine reste à votre nom et que les rappels arrivent chez vous.
Sources
- Afnic, Guide pratique du titulaire d'un nom de domaine en .fr, 2024 : titulaire et droits associés, cas du prestataire, code auth-info, durée d'un à dix ans, période de rédemption de 30 jours, « Diffusion restreinte ».
- Afnic, Whois : trouver un nom de domaine ou un titulaire.
- Afnic, Guide pratique à l'attention de l'ayant droit.
- ICANN, Transfer Policy (version du 21 février 2024, en vigueur au plus tard le 21 août 2025) : code AuthInfo sous cinq jours calendaires, seul le titulaire approuve le transfert, blocage de 60 jours après un changement de titulaire (avec possibilité de refus préalable selon le bureau d'enregistrement).
- GNSO (ICANN), Transfer Policy Review, rapport final de février 2025 : le code devient TAC (Transfer Authorization Code) et les délais de blocage sont revus. Au 5 octobre 2026, l'ICANN classe encore ce chantier parmi les projets en attente de mise en œuvre : la nouvelle politique n'est pas en vigueur.
- ICANN, Expired Registration Recovery Policy : rappels un mois et une semaine avant l'expiration.
- ICANN, « Launching RDAP; Sunsetting WHOIS », 27 janvier 2025, et l'outil ICANN Lookup.




