AUREM AGENCY

Sites et propriété du digital

Peut-on refaire un site en 6 heures avec des agents IA ? Le journal de chantier d’Aurem

Le journal de chantier de la refonte d'aurem-agency.fr, fin septembre 2026 : ce que les agents IA ont fait vite, ce qui est resté humain, ce qui a cassé en route, et les mesures avant et après.

Par Clément Mathieu

5 octobre 2026

 

La Dent Blanche enneigée sous des nuages lenticulaires dorés
Sommaire
  1. Pourquoi refaire un site qui fonctionnait ?
  2. Comment le travail s'est-il réparti entre l'humain et les agents ?
  3. Que font vraiment les agents, et qu'est-ce qui reste humain ?
  4. Le site reste-t-il modifiable sans l'agence ?
  5. Qu'est-ce qui a cassé en route ?
  6. Quels résultats, et mesurés comment ?
  7. Ce qu'on ferait chez vous
  8. Questions fréquentes

Read this article in English

En bref

Oui, pour une page d'accueil en français et en anglais, à condition d'écrire la méthode avant de lancer les agents. Fin septembre 2026, nous avons refait l'accueil d'aurem-agency.fr avec des agents IA : un peu moins de 6 heures de travail chronométrées, du cadrage à la mise en ligne, sans compter les allers-retours sur la maquette ni les correctifs du lendemain. Les agents ont été rapides sur les textes, la traduction et la construction. Le cadrage et la recette, restés humains, ont pris la moitié du temps.

Pourquoi refaire un site qui fonctionnait ?

Notre ancien site s'affichait, recevait des visites et donnait un moyen de nous joindre. Il avait aussi des défauts qu'on ne voit pas à l'œil nu. Nous les avons relevés le 27 septembre 2026, avant de toucher à quoi que ce soit :

  • la police des titres, Cormorant Garamond, était déclarée mais jamais chargée, si bien que tous les grands titres s'affichaient en Times ;
  • la page mesurait 1 692 pixels de large pour un écran de 1 440, et 408 pixels sur un téléphone de 390 : elle débordait sur le côté ;
  • elle contenait 15 titres principaux (H1), dont les questions de la FAQ, alors qu'une page n'en attend qu'un ;
  • le texte passait du tutoiement au vouvoiement d'une section à l'autre, avec quelques fautes (« optimisattion », « ACCOMPAGENEMENT ») ;
  • le formulaire de contact ne disait rien de l'usage des données personnelles ;
  • plusieurs chiffres (« 3X ROI », « −80 % », « x2 leads ») n'avaient aucune source.

Ce dernier point a décidé du reste. Une agence qui demande à ses clients de ne rien affirmer sans preuve ne peut pas afficher des chiffres qu'elle ne sait pas justifier. Nous les avons tous retirés. Le seul chiffre resté sur l'accueil est un compteur de cafés pris avec des dirigeants : 14 au moment de la mise en ligne.

Comment le travail s'est-il réparti entre l'humain et les agents ?

Nous avons découpé le chantier en phases. Chacune a été confiée à un agent spécialisé ou gardée par l'humain. Les durées viennent de notre journal de chantier.

Les 9 phases du chantier et leur durée
PhaseQuiDurée
Cadrage : questions, décisions, cahier des chargesClément, en conversation avec l'IA1 h
Textes en françaisagent de rédaction15 min
Photos libres de droitsagent iconographe15 min
Version anglaiseagent de traduction7 min
Maquette interactive FR et ENagent designer20 min, plus 2 itérations
Cahier de constructionagent intégrateur20 min
Réglages du site (extensions, langues, formulaires, polices)IA qui pilote le navigateur40 min
Construction des pagesagent générateur, puis import1 h
Recette, bascule, correctifsClément et l'IA2 h

Total : un peu moins de 6 heures. Ce total ne compte ni les deux allers-retours sur la maquette, ni le travail du lendemain sur la vitesse d'affichage. Nous préférons le dire plutôt que d'afficher un chrono flatteur.

Le cadrage et la recette pèsent à eux deux la moitié du temps. Ce sont les deux moments où l'humain parle, tranche et vérifie.

Que font vraiment les agents, et qu'est-ce qui reste humain ?

Avant de lancer le premier agent, nous avons écrit un cahier des charges. Il fixe le périmètre (une page d'accueil, en deux langues, entièrement modifiable), ce qui est interdit, et les critères qui disent quand le travail est fini.

Les interdits étaient précis : aucun chiffre sans source, aucun faux « notre équipe », aucune image générée par IA, aucun tiret dans les titres. Pour l'agent qui produisait la page, une règle comptait plus que les autres : utiliser uniquement des blocs et des réglages qui existaient déjà sur le site, sans en inventer un seul. Un script vérifiait ensuite chaque bloc, le nombre de titres principaux et la fidélité des textes au fichier validé.

Les critères d'acceptation se vérifient sans débat : un seul H1 par langue, aucune erreur à l'ouverture dans l'éditeur, rien qui déborde à 1 440 ni à 390 pixels.

Ce qui est resté humain :

  • Le cadrage. Quatre questions à choix multiple sur la voix, l'ampleur du changement, les langues et les visuels, puis la validation du cahier des charges.
  • La relecture de chaque texte et de la maquette.
  • Le positionnement. Le soir même du lancement, nous avons réécrit l'ouverture de l'accueil autour d'une idée : comprendre avant de construire. Aucun agent ne l'aurait proposée seul, parce qu'elle vient de conversations avec des clients.
  • La mise en ligne. Quand tout a été prêt, l'agent a voulu lever le mode maintenance et le garde-fou de son environnement l'en a empêché. Clément l'a fait lui-même, en deux clics. C'est la règle que nous appliquons chez nos clients : l'agent construit, l'humain appuie sur le bouton qui engage l'entreprise.

Le site reste-t-il modifiable sans l'agence ?

C'était la condition de départ. Le site d'Aurem tourne sous WordPress avec le constructeur Divi 5. Un thème codé sur mesure aurait obligé à appeler un développeur pour chaque changement. L'agent a donc généré la page directement dans le format que Divi utilise pour ses propres modules, puis nous l'avons importée.

Le résultat compte 173 modules par langue, qui s'ouvrent sans erreur dans l'éditeur visuel, exactement comme s'ils avaient été posés à la main. Changer un texte, une photo ou un bouton se fait à la souris.

Le reste de l'installation est volontairement simple. Le site est hébergé chez Hostinger®, dont Aurem est partenaire. La version anglaise passe par l'extension gratuite Polylang. Le bandeau cookies donne le même poids à « Accepter » et à « Refuser », et aucun cookie de mesure d'audience n'est déposé avant l'accord du visiteur.

Qu'est-ce qui a cassé en route ?

Un journal de chantier sans les pannes ne servirait à personne. Voici les principales.

La police de titre tombait en Georgia. L'extension qui sert les polices depuis notre serveur nommait certains fichiers avec une espace (« italic-300 700.woff2 »). Le navigateur rejetait la règle et affichait une police de secours. Nous avons réécrit ces déclarations avec des adresses encodées.

La molette était lente. Une option de défilement « fluide » du thème réduisait chaque cran à 56 pixels. Nous l'avons désactivée.

Un compteur animé restait figé, parce que le constructeur supprimait une instruction CSS au moment de compiler la feuille de style. Un petit script l'a remplacée.

La vitesse sur téléphone était le plus gros chantier. Au départ, Lighthouse donnait 59 sur 100 en performance mobile, et le contenu principal mettait 9 secondes à s'afficher. Les causes étaient multiples : un écran de chargement, une vingtaine d'extensions inutilisées qui chargeaient leur code sur chaque page, un cache sans aucune optimisation et une animation de 9 secondes sur la photo d'ouverture. Nous les avons traitées une par une le 30 septembre.

Deux points restent ouverts, et nous les publions aussi : il n'y a pas encore de menu de navigation sur téléphone, et une feuille de style de 528 Ko freine toujours l'affichage mobile.

Quels résultats, et mesurés comment ?

Mesures PageSpeed Insights (Google) de l'accueil
MesurePerformanceAccessibilitéBonnes pratiquesSEO
Ordinateur, FR et EN, 30/09/202694100100100
Mobile FR, 30/09/20268599 à 10096 à 100100
Mobile EN, 30/09/202678100100100
Mobile FR, 05/10/2026 (avant la v3)9389100100

Le point de départ (59 en performance mobile) a été mesuré avec Lighthouse, l'arrivée avec PageSpeed Insights. Les deux outils utilisent le même moteur, mais pas dans les mêmes conditions : l'écart donne un ordre de grandeur, pas une comparaison au point près.

Nous ne donnons aucun chiffre de contacts ou de ventes. Le site est en ligne depuis trop peu de temps pour mesurer quoi que ce soit de sérieux, et nous publierons ces chiffres quand ils existeront.

Ce qu'on ferait chez vous

Un agent qui va vite n'est pas une raison de refaire un site. Un site qui vous fait perdre des contacts, si. Chez vous, nous commencerions donc par un audit : le site, la publicité, le suivi de vos demandes et ce qui pourrait être automatisé, avec trois ou quatre priorités au maximum. Ensuite seulement, la même méthode que sur notre site : un cahier des charges écrit avant de construire, des agents pour aller vite, une recette faite par un humain, et un site à votre nom que vous pouvez modifier seul.

L'audit est offert : réserver 30 minutes.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour refaire un site avec des agents IA ?

Pour une page d'accueil en deux langues, notre chantier a pris un peu moins de 6 heures de travail chronométrées, sans les itérations ni les correctifs du lendemain. Un site de plusieurs pages demande davantage, surtout en cadrage et en recette, deux phases qui ne se compressent pas.

Un site construit avec des agents IA reste-t-il modifiable ?

Oui, si la consigne l'exige dès le départ. Le nôtre est fait de modules natifs Divi 5, modifiables à la souris dans l'éditeur visuel, sans code sur mesure à maintenir.

Les agents IA peuvent-ils mettre un site en ligne seuls ?

Techniquement, ils pourraient. Nous ne les laissons pas faire : la mise en ligne, comme toute action qui engage l'entreprise, reste une décision humaine.

Faut-il écrire ses textes soi-même ?

Il faut fournir la matière : votre métier, vos clients, ce qui vous distingue. Un agent rédige vite, mais il ne peut pas deviner ce que vous seul savez. Sans cette matière, il produit un texte qui ressemble à tous les autres.

L'IA fait-elle des erreurs sur un site ?

Oui. Sur notre chantier, il y a eu une police mal chargée, un défilement trop lent et un compteur figé. C'est pour cela que la recette dure plus longtemps que la construction.

La méthode fonctionne-t-elle pour un site de PME ?

Nous l'avons réutilisée depuis sur des sites de clients plus grands que le nôtre. Le principe ne change pas : un cadrage écrit, des agents spécialisés, un contrôle humain avant la mise en ligne.

Sources

  • Journal de chantier d'Aurem Agency, 27 au 30 septembre 2026 (relevé de l'ancien site, durées des phases, correctifs).
  • Mesures PageSpeed Insights du 30 septembre 2026 et du 5 octobre 2026.

Clément MathieuFondateur d'Aurem Agency, à Grenoble : sites, publicité et automatisations pour les TPE et les PME.

Et chez vous, par quoi commencer ?

Pendant 30 minutes, nous regardons votre site, votre publicité, le suivi de vos demandes et ce qui pourrait s'automatiser. Vous repartez avec trois ou quatre priorités au maximum, que vous travailliez ensuite avec nous ou non.

En visio, ou autour d'un café à Grenoble.

Carnet de cordée

Recevez les prochains articles par e-mail

Un e-mail quand un nouvel article paraît. Pas de spam, désinscription en un clic.

Newsletter Carnet de cordée FR

À lire aussi

Une question ? Écrivez-nous